XVIII/ D/ Etat des lieux au niveau médical sur l'énurésie : 

En 2019, l’American Academy of Pediatrics indiquait que 20% des enfants étaient énurétiques à 5 ans, que ce pourcentage tombait à 10% à l’âge de 7 ans, et passée l’adolescence 1 à 3% restaient énurétiques. L’énurésie nocturne touchait 2 à 3 fois plus les garçons que les filles.
Bien que les causes restent inconnues, il y aurait un retard de développement d’au moins un des 3 points ci-dessous :
- Vessie : moins d’espace dans la vessie la nuit.
- Reins : plus d’urine est produite la nuit.
- Cerveau : incapable de se réveiller la nuit.
Les facteurs de risques qui amènent les enfants à faire au lit :
- la génétique : si un parent mouillait son lit après 5 ans, son enfant aurait 40% de risque d’avoir le même souci. Si cela concernait les 2 parents, alors leur enfant aurait 70% de risque.
- le stress : c’est la raison la plus commune des énurésies secondaires. L’enfant a vécu un stress quand il a changé d’école, déménagé, quand ses parents ont divorcé, ou une personne qu’il appréciait est décédée, ou tout autre événement majeur. Ce stress peut être pris en charge par un professionnel qui apportera du soulagement et soutien pour cette période compliquée à vivre.
- sommeil profond : le changement hormonal provoque un chamboulement du rythme de sommeil, et le sommeil profond est normal chez l’adolescent, tout comme des nuits écourtées.
- apnée du sommeil et ronflements : dans de rares cas, les arrêts d’afflux d’air impactent l’équilibre chimique du cerveau et déclenchent l’énurésie.
- Constipation : les intestins appuient sur la vessie et provoquent une perte de son contrôle. Surveillez les douleurs intestinales de votre enfant.
- maladie des reins ou de la vessie : si l’enfant a des soucis de contrôle de sa vessie de jour comme de nuit, cumulés à d’autres symptômes comme de la douleur quand il fait pipi, et le besoin de faire souvent pipi.
- maladie neurologique : parfois, un souci au niveau de la moëlle épinière se développe quand il grandit et peut causer de l’énurésie. Regardez si l’enfant a d’autres symptômes comme les jambes engourdies, douloureuses ou qu’il ressent des picotements. C’est toutefois extrêmement rare.
- autres raisons médicales : diabète, trouble de l’attention, hyperactivité peuvent en être la cause. Des médicaments existent et baissent les risques d’énurésie.

Bien se rappeler que le toute la famille est concernée : rappeler à tous que l’enfant qui fait en ce moment de l’énurésie n’a pas le contrôle, ce n’est pas sa faute, il ne le fait pas exprès. Créez une ambiance familiale d’entraide et de soutien affectueux parce que l’enfant a certainement une perte d’estime de lui-même, est embarrassé voire anxieux. Cette situation passagère affecte son quotidien : ses amis peuvent le juger, son travail scolaire peut en pâtir, et socialement c’est pénalisant pour aller dormir chez les copains, passer la nuit en voyage scolaire. Les parents sont également plus ou moins débordés par le nombre de lessives à faire, et la fratrie peut être réveillée la nuit si la literie a besoin d’être changé.

En 2021, l’American Academy of Pediatrics préconise de regarder du côté des histoires de famille et d’en parler, d’observer si l’énurésie s’atténue, de prendre en compte s’il y a eu un changement important dans la vie de l’enfant (déménagement, autre bébé dans la fratrie, souci familial), de rester vigilant sur l’aspect visuel de l’urine (coloris), et un changement dans le rythme habituel d’uriner de l’enfant.
Il liste également les symptômes qui demandent une consultation : un changement très important dans le rythme de bébé (urine trop souvent par exemple), du rose dans les urines, un jet trop faible ou miction en goutte à goutte, un lit mouillé en journée ou de nuit, un changement soudain de comportement ou d’humeur, un souci intestinal, les pertes urinaires à l’effort (tousser, courir, monter des escaliers), un trouble de la marche qui indiquerait un souci neurologique sous-jacent, être mouillé en continu. (1*)
Et si l’enfant n’a pas de symptômes :
- ne pas le blâmer : l’enfant ne fait pas exprès, il n’a pas le contrôle sur ce qui lui arrive. Offrez du soutien et non des punitions.
- expliquer honnêtement à votre enfant ce qui lui arrive : ce n’est pas sa faute et que le corps va y arriver au fil du temps, comme la très grande majorité des enfants.
- Rester à l’écoute de ses émotions : préciser à votre enfant qu’ils sont nombreux dans ce cas, et n’en faites pas toute une histoire ainsi il le prendra plus légèrement.
- Aménager le lit : placer une alèse imperméable.
- Laissez votre enfant vous aider : encourager votre enfant à vous aider pour changer les draps, de façon à le responsabiliser. Cependant s’il le voit comme une punition, ce n’est pas recommandé.
- Mettez en place une règle familiale qui interdit les moqueries à ce sujet, et faites savoir à la fratrie que ce n’est pas sa faute.
- Restez attentif au rythme d’élimination de votre enfant, et au jet.
- vous pouvez le réveiller une fois la nuit pour l’emmener aux toilettes mais pas plus d’une fois car cela pourrait modifier son cycle de sommeil et il serait fatigué le lendemain.
- s’il doit partir en camp, proposez-lui de mettre une couche sous son boxer et demandez le soutien du personnel encadrant pour qu’ils l’aident discrètement si besoin.
- l’inviter à aller toutes les 2-3 heures aux toilettes, et le lui proposer avant de se coucher également.

Pour savoir ce qui se dit en France, je vous invite à consulter le site d’Ameli :
L’énurésie nocturne chez l’enfant : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/pipi-lit-enuresie/reconnaitre-enuresie-nocturne-enfant
Pipi au lit, que faire ? https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/pipi-lit-enuresie/que-faire-quand-consulter
Traitement de l’énurésie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/pipi-lit-enuresie/consultation-traitement