XVI/ Comment faire au quotidien pour pratiquer l’Hygiène Naturelle Infantile ?  

Vous pouvez vous soulager de toutes les pressions que vous pourriez vous mettre sur les épaules.

La détente c’est la base d’une relation et la communication que vous allez mettre en place avec bébé ne peut pas s’instaurer dans un climat stressant.

En plus l’hygiène naturelle infantile nous apparaît comme quelque chose d’insurmontable, qui requiert des supers pouvoirs quand on a baigné dans une éducation occidentale ???? Il s’agit donc de se détacher de cette image, et de se rendre compte que vous n’avez pas grand-chose à faire et que ce n’est pas bien compliqué.

Je vais dans les détails dans les textes ci-dessous, parce qu’on a besoin parfois de faire appel à notre raison pour déconstruire une pensée ancrée depuis des générations. In fine j’aimerais vous faire ressentir à quel point ce peut être aussi simple que de passer un coup d’éponge sur une table. Un geste banal du quotidien une fois qu’on s’est débarrassé de toute la charge mentale qu’on a mis sur les parents depuis des centaines d’années : bébé ne marche pas encore parce qu’il n’a pas été suffisamment incité, bébé ne parle pas encore parce que vous ne l’avez pas stimulé comme il faut, bébé ne grandit pas comme les autres parce que vous ne le nourrissez pas convenablement, etc.

Vous allez donc aménager ce qui craint chez vous, puis répondre au mieux aux signaux que vous verrez (et si vous n’en voyez pas c’est normal, cela prend du temps), et de changer bébé quand vous voyez qu’il est mouillé. Progressivement vous allez de mieux en mieux voir les mimiques, signaux, le timing, et donc mieux comprendre. Vous pourrez ensuite mieux y répondre et ces échanges vont s’enrichir de jour en jour. Ainsi, au début vous attrapez un pipi dans le pot de temps en temps, et c’est super. Progressivement votre relation va s’étoffer et vous aurez moins de lessives, tout bonnement.

Alors cela revient à faire de son mieux, sans chercher à attraper tous les pipis, et de laisser faire le temps. Vous avez une confiance à retrouver dans les capacités de bébé et dans les vôtres, dans les liens qui se tissent inéluctablement, indépendamment de votre volonté.

Autrement dit, vous avez une pile de langes ou de systèmes HNI, et quand vous voyez que bébé est mouillé vous le changez. Vous aurez lu les textes ci-dessous qui auront nourrit vos méninges, donc ce sera dans un coin de votre tête. Cependant ne cédez pas à l’envie de réussir, de vouloir voir des résultats, d’en arriver à vouloir dire « ça marche » ou « ça marche pas », parce que vous n’êtes pas seul dans cette relation. Vous êtes en communication avec votre bébé qui va aussi engager tout son être dans le développement vers lequel il est poussé inévitablement. Et à un moment vous verrez que bébé a des horaires, fait une tête tantôt crispée tantôt soulagée, a des instants intenses de concentration en restant immobile, etc. Et là vous comprendrez ce qu’il montre quand il va faire. Vous proposez le pot quand cela vous semble opportun, et surtout tant pis si vous n’avez pas de pipi dans le pot. Ça va venir, vous ne pouvez ni le contrôler, ni le faire arriver plus vite.

Vous êtes parent facilitateur et non décideur ou contrôlant. Bébé n’a pas à vous obéir et faire au bon moment au bon endroit.

Vous aurez à aménager la garde-robe et les espaces dans lesquels bébé évolue. Vous aurez des lessives à faire, et vous avez des machines à laver donc c’est beaucoup moins contraignant qu’à l’époque des lavoirs !
Et au fil du temps vous aurez moins de lessives,
au fil du temps vous aurez plus de pipis dans le pot,
au fil du temps bébé se détachera de vous,
au fil du temps vous vous rendrez compte que bébé est continent sans pouvoir dire à quelle date,
parce que tout se sera mis en place alors que vous étiez concentrés sur le reste de la vie, sur les câlins, les temps de jeu, tous ces moments partagés.

Pourquoi je parle peu des selles ? parce que les mimiques avec lesquelles bébé communique à la naissance sont tellement flagrantes que vous allez vite comprendre, comme une évidence, et que vous aurez très peu de selles à nettoyer car la plupart iront dans le pot HNI.

Parfois les parents me tiennent à peu près ce discours : « tout n’est pas rose en HNI, y’a des hauts et des bas, parfois on n’y arrive pas, et bébé ne veut pas, etc. »
Je reformule :
- l’HNI n’a pas à être rose, elle est et c’est tout, et lorsqu’on vient poser un jugement, c’est bien souvent l’expression d’une déception sur nos attentes personnelles qui n’ont pas du tout lieu d’être en HNI. Vous imaginez une relation avec une amie dans laquelle vous projetez plein de choses, et rien ne correspond ? La frustration que cela engendre ? Alors qu’on peut aussi accueillir, observer, et laisser passer cette réflexion comme elle est venue, sans s’y accrocher.
- il n’y a de hauts et de bas que sur un référentiel subjectif auquel on s’accroche.
- vous n’avez pas à arriver à autre chose que faire des lessives, changer bébé, et lui proposer le pot si vous voyez des signaux, des mimiques, que ça correspond à une heure propice pour bébé... sans vous mettre la pression.
- on n’a pas à arriver quelque part, on fait ce qu’on peut, et c’est très bien.
- bébé ne veut pas, c’est pas grave, plus vite vous optez pour la résilience plus vite bébé sentira que le poids des attentes qui a été mis sur ses épaules s’allègent et la communication reviendra.

Donc oui, c’est pas toujours la situation idéalisée qu’on a en tête : parfois le pipi sort du pot, parfois on loupe un caca et il y a tout à nettoyer, parfois on ne comprend plus bébé car il a évolué et il va nous falloir du temps pour capter à nouveau, parfois il y a plus de lessives, etc. Mais en vrai ce n’est pas lié à l’hygiène naturelle infantile : un bébé qu’on change sur la table peut faire pipi partout, un caca explosif peut nous amener à laver la tenue complète et bébé avec, parfois bébé s’en met partout en mangeant et on aura plus de lessives.
C’est le quotidien avec un bébé et nous n’en faisons pas un blocage à l’habillage, aux repas, etc. Donc il s’agit de rester serein aussi sur le thème de la continence, de l’aborder avec recul, sans y placer les enjeux que les professionnels et l’entourage familial patriarcal a fait peser sur les mères depuis des centaines d’années.
C’est la peur que d’autres ressentent, pas la nôtre, parce que nous savons bien qu’un bébé finit toujours par avoir 18 ans et qu’il sera forcément continent, laissons-le grandir en confiance.